Instruments de cuisine médiévale

instruments de cuisine
L’Opera de Bartolomeo Scappi est une œuvre monumentale richement illustrée, avec la représentation d’un impressionnant panel d’instruments de cuisine.

Parmi les instruments les plus couramment utilisés, on trouve en premier lieu les trépieds, généralement en fer et de divers diamètres et de différentes hauteurs, qui permettent de soutenir les pots.

Dans le cas où le foyer possède une cheminée, on peut aussi remarquer l’usage fréquent de la  crémaillère. Dans tous les cas, ces instruments permettent une cuisson plus ou moins forte des mets préparés, le feu étant constamment gardé à puissance égale.

Dans certain cas, on peut aussi remarquer une sorte de cercle de fer, suspendu au toit par trois chaînes, qui remplace à la fois la crémaillère et le cercle du trépied.

Enfin, les chenets sont réservés aux bâtisses pourvus de cheminée et la maîtrise du foyer est telle qu’il est très rare de trouver des pelles ou des piques feux.

Dans ces maisons, on trouve les tournebroches, servant à la cuisson des pièces de viande ou de poisson, généralement pourvus de lèchefrites qui permettent de recueillir les graisses animales.

cuisine medievale
une cuisine bien équipée : poêle, marmite, crémaillère, mortier, gril

Le pot, sous toutes ses formes, est l’ustensile le plus fréquemment utilisé : qu’il soit sphérique ou cylindrique, quelle que soit sa contenance, il sert à la fois à la cuisson des aliments, à la conservation des mets préparés et au stockage des matières premières. Souvent fabriqué en terre, matière peu onéreuse et donc facilement renouvelable, il peut être pourvu d’un bec et par conséquent servir à la conservation des liquides, eau, huile, vin.

Dans certains cas, on note que les inventaires précisent l’existence d’instruments en métal. Il peut s’agir simplement de fer, de cuivre, plus rarement de bronze, mais très souvent décorés.

Dans le cas des pots, ils servent aux cuissons longues ou aux premières fritures. Mais il peut s’agir de poêles, ou paelle, à longues queues, de petits poêlons servant à la préparation de sauces ou de mets en petite quantité.
D’autres ustensiles, moins souvent utilisés sont parfois notés dans les inventaires ou décrits dans les textes : les moules à pâtisseries, à tarte ou à dariole, les fers à gauffres ou à oublies, spécialité urbaine des oubloyers, parfois de grilles servant à ” haler ” le pain.

On trouve aussi des passoires, des écumoires servant à filtrer et à égoutter et de longues cuillères à servir.

La pierre est très peu utilisée pour la fabrication des ustensiles, car ce matériau est lourd et dans bien des cas peu résistant, à l’exception des mortiers lorsqu’ils ne sont pas réalisés dans un métal noble. Cet instrument, que l’on trouve dans toutes les maisons, sert à broyer les plantes aromatiques, l’ail, l’échalote ou les épices, pour ceux qui peuvent en acquérir.

Quant au bois, il ne sert qu’à la confection de récipients destinés à la conservation des aliments, au mortier ou à la réalisation de cuillères permettant de remuer, l’usage de ce matériau au feu étant proscrit.